Le registre de la boîte à livres

Un titre laissé. Écrit. Avant la porte.
Adrienne tient le square. Après une semaine — la boîte vide, des magazines au fond — Isidore, l’adjoint à la lecture, impose le registre. Titre pris. Titre laissé. Avant la porte. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On échange. On ferme. On barre. Personne n’a demandé le polar. Personne n’a demandé le banc. On a dit le dépôt. On avait le dépôt.
Un couple. Le roman. Ils ont écrit « on reviendra ». Rien sur le banc. Adrienne montre la note. La porte reste. Fermée. Le roman aussi. Dedans. Isidore passe. Le matin. Le créneau long. Il a écrit « service ». Son livre est sous le bras. Tamponné. Pas laissé. Adrienne applique. Sa règle. Il dit la lecture. Elle dit le crayon. Il attend. Comme le couple. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.
Il ajoute : bibliothèque, sans dépôt, si déjà catalogué. Il l’a catalogué. En 2019. Pour le fonds. La boîte ne catalogue pas. Elle échange. Adrienne le dit. Il le savait. Un peu.
Le lendemain, il écrit. Enfin. Huit heures moins deux. Pris : le polar. Laissé : un guide. Adrienne prend. Elle aligne. Il veut la porte. Le couple a déjà la porte. Avec deux titres. D’hier. Adrienne les a donnés. Isidore regarde. Depuis le banc. Son guide attend. Encore. Le polar, lui, est déjà parti. Sous un bras. C’est déjà une lecture. Pas la sienne.