Le registre de la grainothèque

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L’année. Écrite. Avant le tiroir.

Pascaline tient le hall. Après un printemps — le tiroir plein de sachets sans date, une tomate de 2014 — Gédéon, l’adjoint aux jardins, impose le registre. Variété. Année. Avant le tiroir. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On échange. On ferme. On barre. Personne n’a demandé le basilic. Personne n’a demandé le hall. On a dit l’année. On avait l’année.

Un couple. Les graines. Ils ont écrit « cette saison ». Ce n’est pas une année. Pascaline montre la note. Le tiroir reste. Fermé. Les sachets aussi. Dedans. Gédéon passe. Le matin. Le créneau long. Il a écrit « potager ». Son sachet est dans la poche. 2019. Pascaline applique. Sa règle. Il dit les jardins. Elle dit le crayon. Il attend. Comme le couple. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.

Il ajoute : jardins, sans année, si déjà semé. Il l’a semé. En mars. Pour les plants. La grainothèque ne sème pas. Elle date. Pascaline le dit. Il le savait. Un peu.

Le lendemain, il écrit. Enfin. Neuf heures moins deux. Haricots. 2026. Pascaline prend. Elle aligne. Il veut le tiroir. Le couple a déjà le tiroir. Avec une année. D’hier. Pascaline l’a donnée. Gédéon regarde. Depuis le hall. Son sachet de 2019 attend. Encore. La tomate, elle, est déjà partie. Dans une poche. C’est déjà un semis. Pas le sien.