Le registre du bac à sel

Moins deux. Écrits. Avant la pelle.
Léontine tient la cour. Après une nuit — le bac entier dans une allée, la rue encore glacée — Hyacinthe, l’adjoint à la voirie, impose le registre. Température. Deux seaux. Avant la pelle. Le thermomètre est au mur. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On lit. On écrit. On puise. On barre. Personne n’a demandé le verglas. Personne n’a demandé l’aube. On a dit moins deux. On avait moins deux.
Un couple. Le perron. Ils ont écrit plus trois. Le mur dit plus trois. Léontine montre la note. La pelle reste. Au clou. Le bac aussi. Fermé. Hyacinthe passe. Le matin. Le créneau long. Il a écrit « il gèle ». Le mur dit plus quatre. Ses seaux sont déjà dans le coffre. Léontine applique. Sa règle. Il dit la voirie. Elle dit le mur. Il attend. Comme le couple. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.
Il ajoute : voirie, sans le mur, si déjà prévu. Il l’a prévu. Janvier. Pour le premier verglas. Le mur ne prévoit pas. Il affiche. Léontine le dit. Il le savait. Un peu.
Le lendemain, le mur dit moins deux. Il écrit. Enfin. Sept heures moins deux. Moins deux. Deux seaux. Rue des Écoles. Léontine prend. Elle aligne. Il veut la pelle. Le couple a déjà la pelle. Avec moins deux. À l’aube. Lu sur le mur. Léontine l’a donnée. Hyacinthe regarde. Depuis la cour. Ses seaux attendent. Encore. La pelle, elle, est déjà dans le sel. Le perron aussi. C’est déjà un salage. Pas le sien.