Le registre du rucher

Une ligne. Avant la ruche.
Andrée tient la grille. Après une piqûre — un visiteur, un dimanche, plus de voile — Honoré, le président, impose le registre. Nom. Ruche. Durée. Une note. Un crayon. Elle aligne. On écrit. On entre. On sort. On barre. Personne n’a demandé le dimanche. Personne n’a demandé la taille. On a dit la ligne. On avait la ligne.
Un homme. Le voile. Pas de registre. À la maison. Andrée montre la note. Les pots attendent. Un peu vides. Honoré passe. Sa ruche. La quatre. Pas de ligne. Andrée applique. Sa règle. Il dit le président. Elle dit le crayon. Il attend. Comme l’homme. Le voile aussi. Plié.
Il ajoute : adhérents, liste, à l’avance. Andrée écrit un nom. Le sien n’y est pas. Elle n’a pas de ruche. La quatre, le dimanche suivant, n’y est pas non plus. C’est le nom de sa femme. Andrée refuse. La liste. Honoré, lui, oublie encore le registre. Il attend. Deux minutes.
Elle lui tend le crayon. Pas la liste. Il rentre sans miel. C’est déjà une visite. Courte. Trop courte. L’homme, lui, est revenu. Avec une ligne. Enfin. Le voile aussi. Ils entrent. Honoré les regarde. Derrière la grille. L’enfumoir est resté. Froid.