Le ticket du pressoir communal

Un ticket. Avant sept heures. Sinon, le pressoir reste.
Odile tient le hangar. Après un pressoir — laissé sale, un dimanche, le bac collant — Hervé, le président du verger, impose le ticket. Numéroté. Avant sept heures. Une note. Un crayon attaché. Elle aligne. On écrit. On charge. On presse. On rince. On barre. Personne n’a demandé les pommes. Personne n’a demandé le jus. On a dit le ticket. On avait le ticket.
Un couple. Les caisses. Pas de ticket. Sous le préau. Odile montre la note. Le pressoir reste. Fermé. Les tonneaux aussi. Contre le mur. Hervé passe. Le matin. Le créneau long. Pas de ticket. Ses pommes sont déjà dans la remorque. Odile applique. Sa règle. Il dit le verger. Elle dit le crayon. Il attend. Comme le couple. Il ne dit plus exception. Il dit oubli.
Il ajoute : verger, sans ticket, si déjà réservé. Il l’a réservé. Septembre. Pour la première. Ce n’est plus septembre. Odile le dit. Il le savait. Un peu.
Le dimanche suivant, il écrit. Enfin. Sept heures moins deux. Odile prend. Elle aligne. Il veut le matin. Le couple a déjà le matin. Avec un ticket. De samedi. Odile l’a donné. Hervé regarde. Derrière la grille. Ses pommes attendent. Encore. Le jus, lui, coule déjà. Dans les bouteilles. C’est déjà un pressage. Pas le sien.