L’heure du potager

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Heures paires. Quinze minutes. Un robinet.

Eulalie tient le robinet. Après un désaccord — deux tuyaux, une flaque, des tomates — Gaston, le président, impose les heures. Paires. Quinze minutes. Un seul robinet. Un cadenas. Une note. Elle aligne. On vient. On ouvre. On compte. On ferme. On rend la clé. Personne n’a demandé le quinze heures sept. Personne n’a demandé la canicule. On a dit paire.

Une femme. Des tomates. Quinze heures. Elle arrive à quinze heures sept. Trop tard. Le créneau était à quatorze. Le suivant, seize. Eulalie montre la note. Les tomates attendent. Elles penchent. Gaston passe. Il arrose. Quinze heures sept. Impair. Eulalie applique. Sa note. Il a la clé. Il ne l’ouvre pas. Il dit le président. Elle dit la paire. Il attend seize heures. Les tomates aussi. Les siennes. Un peu molles.

Il ajoute : canicule, dérogation écrite. La dérogation prend trois jours. La canicule est aujourd’hui. Eulalie le dit. Gaston aussi. Il écrit quand même. Pour lundi. Lundi, il pleut. Le robinet reste. Cadenassé.

Les tomates, elles, ont tenu. Presque. C’est déjà un potager. Moins rouge. Gaston, la fois d’après, vient à quatorze heures pile. Il arrose. Quinze minutes. Il ferme. Il rend. Eulalie note. À l’heure. Enfin. La flaque, elle, n’est plus là. Juste la poussière. Et la note. Heures paires. Toujours.